complexités sentimentales :: nayu

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Dim 1 Avr - 3:27
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complexités sentimentales
Les liens se font et se défont, c'est la vie. Un matin, l'un reste et l'autre part, sans que l'on sache toujours pourquoi. Je ne peux pas tout donner à l'autre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne veux pas bâtir ma vie sur les sentiments, parce que les sentiments changent. Ils sont fragiles et incertains. Tu les crois profonds et ils sont soumis à une jupe qui passe, à un sourire enjôleur. Des gens qui s'aiment pour la vie... moi je n’en connais pas.
tangzhuang :: • Siheyuan ; maison traditionnelle chinoise, dotée d'une grande cour carrée intérieure. Maison à cinq bâtiments, où l'une des familles Wang demeure, dans le quartier de Liangshuijing. Habitat que le jeune homme a quitté, il y a fort longtemps. Sept ans. Sept années, qu'il savoure son indépendance. Sélectionné à l'âge de dix-sept ans dans l'équipe de quidditch nationale, le sang pur a volontiers accepté de se séparer de sa famille, pour vivre son rêve d'adolescent ; jusqu'à cet appel. L'appel du devoir familial. Conditions données par le jeune sorcier de vingt-et-un ans : avoir son propre appartement et choisir sa propre voie. Acceptées par sa génitrice, à son plus grand regret. Rêve écrasé ; son retour a été épineux. Réalité efface chimère. Et jenkan n'est pas dupe, présumant que sa génitrice élabore certaines choses contre lui. Il aura fallu trois ans. Trois années à profiter de sa liberté, à jouir des plaisirs de la jeunesse, à attendre inconsciemment sa sentence. Madame Wang avait-elle fini par abandonner ? Oh non. Madame la Ministre n'abandonne jamais. Elle patiente, guette le moment propice pour vous assener un coup fatal. Directement. Sans que vous puissiez faire quoi que ce soit. Et cette claque s'appelle fiançailles.

Ce jour est enfin arrivé. Journée où la fiancée doit se rendre dans le siheyuan des Wang. Là, où, les deux jeunes sorciers devront bientôt logé, dans la chambre inhabitée de jenkan ; en tant que jeunes mariés. Seulement, le jeune homme ne désire guère ce mariage. Non, au fond de lui, ce n'est pas une claque qu'il a reçue, mais bel et bien, un couteau planté dans son organe vital. Nayu ; passé douloureux, scène âpre, souvenir d'un baiser échangé de lèvres inconnues. Rupture amère, sentiments partagés entre la rancune, la colère et la douleur ; le sorcier a ignoré la demoiselle, et ce, pendant sept longues années. Jenkan s'est efforcé à l'oublier, à l'ignorer, à l'éviter ; jusqu'à présent. Où son passé refait surface, où il ne peut plus rien éviter ni fuir.  Et le carillon du siheyuan retentit dans toute la demeure traditionnelle ; prévenant de l'arrivée de la future mariée.

« Tiens-toi bien, soit respectueux, et poli. Je ne plaisante pas, Jenkan. » un chuchotement de la doyenne Wang, qui époussette les épaules de son fils, remettant le tangzhuang correctement ; avant de se diriger vers la porte principale.

Oh, le cœur de jenkan s'affole, ses jambes tremblent sous sa nervosité ; il ne se sent pas à l'aise. L'un de ses doigts se glisse entre le col de sa tenue traditionnelle et son épiderme halé. Comme-ci, ce geste était la solution pour faire disparaitre son mal être. Et pourtant, il patiente dans la salle de réception ; où les domestiques s'affairent à installer les plats et autres condiments sur une grande table. Premier habitacle de la demeure. Ce bâtiment est séparé du reste de la maison familiale, par une petite cour et une deuxième porte. Porte qui mène sur la grande cour centrale et appartements des membres de la famille. Famille qui accueille en ce moment même sa future belle-fille. Oh misère. Jenkan observe la porte, le huis par lequel il est entré ce matin. Il souhaite fuir, loin ; bien loin de toute cette mascarade. Seulement, il n'arrive pas à bouger. Non, ses yeux noisette sont ancrés dans cet encadrement pour enfin découvrir, celle qui lui a brisé le cœur, il y a sept ans.  


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† Dans le monde il n’y a pas d’un côté le bien et le mal, il y a une part de lumière et d’ombre en chacun de nous. Ce qui compte c’est celle que l’on choisit de montrer dans nos actes, ça c’est ce que l’on est vraiment.
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Lun 2 Avr - 3:45
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"complexités sentimentales"




Ont-ils oublié leurs promesses ? Au moindre rire, au moindre geste. Les grands amours n'ont plus d'adresse, quand l'un s'en va & l'autre reste. N'est-il péché que de jeunesse ? N'est-il passé que rien ne laisse ? Les grands amours sont en détresse, lorsque l'un part & l'autre reste.


hanfu ☽ Liangshuijing, siheyuan des Liang : au sein de la demeure ancestrale, la proclamation des fiançailles de la fille aînée, enfant du milieu, a susurré à tous un vent de liesse général. Choyée par les siens, petite-fille favorite du doyen des Liang – dont la parole fait foi chez chacun de ses apparentés – ce serment marital en devenir est une véritable bénédiction. & pour cause : le promis dont Nayu sera sertie – & qui s'insérera sous peu en le rameau familial – est un émérite parti, un fils de fondateur, même. Les anciens se félicitent de telles entremises ; les Liang ont le cœur à la fête – mais l'héritière tant adorée, elle, fait la tête.

Si passive qu'elle en paraît concentrée, Nayu accorde à sa mère d'attention distraite juste assez – ce afin qu'elle ne se fâche point. Affairée avec le torrent de mèches brunes de sa progéniture, la seconde lui réitère ses dernières consignes sur un ton quelque peu remué. Après tout, le bourgeon de rose a déployé sa corolle : fut un temps où Madame Liang a elle-même été fiancée. L'émotion de voir sa première fille se marier – ou tout du moins être donnée à un homme – entre de ce fait en résonance avec son propre vécu, il y a de cela un peu moins de trois décennies. Peut-être même s'entraperçoit-elle, à travers l'incarnation de candeur dont s'acquitte Nayu, en cet instant même...

À travers la psyché de sa coiffeuse, au-devant de laquelle elle siège, la brunette contemple son reflet. Bien apprêtée, ses pommettes & ses joues encore nues sont déjà incarnadines : est-ce l'émotion ? Non, car la fatalité de sa destinée lui échappe encore. À la manière d'un condamné, qui écoute son arrêt sans le capter, elle ne pâlit guère. "Quel courage !", lance t-on. En vérité, il n'en est rien : c'est plutôt manque d'imagination... Lorsque l'on éveille le pauvre bougre pour l'exécution, alors, c'est là qu'il entend la sentence. De même que la sorcière ne saisit que trop tard qu'elle est jetée en pâture à son premier amour – sa dernière erreur – lorsque retentit le carillon du siheyuan ; mais ce n'est plus le sien.

En conséquence de ce tintement, tout son être s'ébranle. Alors même que la veille, l'enjeu de cette rencontre lui était encore différé, Nayu se sent à présent alarmée – bouleversée. En sept ans d'absentéisme acharné, la voilà qui s'apprête à revoir Jenkan – car il s'agit bien de lui, de ce garçon qui, à l'approche de leur majorité, l'a laissée derrière son passage, en s'envolant pour Beijing. Sans un mot, sans d'autres égards pour celle qu'il estime être la cause de leur perdition – à tort ou à travers, qu'importe, puisque autant que l'amour, la douleur fut mutuelle. Suite au retour du Wang, il y a trois ans, aucun des deux Baihu n'avait éprouvé l'envie de se confronter aux stigmates de leur passé, ô combien douloureux. Le mutisme avait donc perduré... Il fallait oublier.

Mais voilà que tous ces efforts sont en passe de se volatiliser en volutes de fumée, à présent que leurs retrouvailles se font imminentes. Déjà, le cortège établi par les Liang – & au sein duquel la jouvencelle évolue, entre sa mère, sa jeune sœur & sa dame de compagnie – marque une halte. En présence des maîtres de maison, soit le couple Wang, les salutations sont de mise. On remercie vivement le patriarche Liang qui, nonobstant son âge reculé, a tenu à effectuer le déplacement jusque le siheyuan attenant. "C'est un grand jour", se justifie t-il à l'encontre de Tante Yan Mei. Ces formalités expédiés, sourires à l'appui, tous se focalisent ensuite sur Nayu. C'est à elle de jouer.

« Madame, Monsieur Wang... »

Du fait de la position de la doyenne, l'étudiante s'est permise de la citer en premier lieu, tandis qu'elle effectue une courbette des plus distinguées, récitant le reste de ses actions de grâce – soigneusement inculquées par ses parents, en vue de cette occasion. Son élocution est impeccable : chaque terme qui l'exige est ponctué, & son intonation est doucereuse au possible – une véritable mélopée aux tympans de ses vis-à-vis, qu'elle envoûte au fur & à mesure de ses vocables.

« Je ne puis vous exprimer toute l'étendue de ma reconnaissance, tant pour votre accueil chaleureux que pour le motif de notre réunion. C'est un réel honneur que de me trouver parmi vous, non plus en tant que simple Liang, mais également en ma récente qualité de fiancée. Par mon devoir & par cette union, j'espère renforcer l'amitié séculaire de nos deux familles. Ma tante, je saurai me montrer à la hauteur du nom de Wang. »

À l'issue de sa tirade, les destinataires de ses belles paroles semblent résolument conquis. Qui plus est, sa réussite est définitivement concédée par le retour de ses proches – leurs regards fiers lui font omettre combien ses phalanges n'ont cessé de vaciller, depuis qu'elle a outrepassé le seuil de la propriété. Enserrant vaguement le poing, & alors qu'elle décoche sa plus jolie risette, à l'intention de Madame Wang, ses mirettes furètent du côté de l'un des huis cerclant la cour... Aussitôt, son sourire se glace, puis s'estompe. Là, de l'autre côté de l'encadrement... Il est là. Jenkan. Visiblement interdit, il la considère, sur la distance, & muette de stupeur, Nayu le dévisage littéralement, toutes bonnes manières momentanément écartées.

Cependant, sa stupéfaction n'est qu'éphémère : reprenant contenance, elle reporte ses nacres sur sa tante, formulant un "oui... ?" imperceptiblement troublé, à sa demande – dont elle n'a par ailleurs rien assimilé. Cette réplique évasive paraît ceci dit convenir à la matriarche, qui embraie sur un "dans ce cas, je te laisse le retrouver. Il me semble que vous n'avez eu que peu d'interactions, depuis son retour à Emeishan". Il n'en faut guère davantage pour que la lumière se fasse en l'esprit de la jeune femme, celle-ci devinant sans peine les insinuations de ce qu'elle nommera sous peu sa belle-mère.

Afin de dissimuler son incertitude, qui risquerait d'influer sur l'interprétation des hôtes – auprès desquels elle se doit être irréprochable ; ni plus, ni moins – Nayu se rengorge & entame la marche vers le bâtiment contigu, là où se tenait préalablement son fiancé. Peu farouche, elle se doute que son aïeul & ses parents, soucieux de veiller à sa vertu, ne la laisseront guère seule trop longtemps avec un homme – qu'importe si elle lui est engagée. Mais pour l'instant, c'est seule qu'elle poursuit son chemin. Chaque foulée qu'elle effectue lui emballe un peu plus le palpitant, sorte de boum, boum, boum discordant avec le claquement de ses talons : en sentant ses jambes menacer de se dérober, sa paume offerte s'appose séance tenante sur le chambranle de la porte, une fois cette dernière atteinte.

Ce qu'elle reconnaît comme étant la salle de réception est manifestement en pleine effervescence. Domestiques s'activent & s'empressent quant aux préparatifs du déjeuner ; certains la saluent brièvement, mais non moins respectueusement. Puisque scruter le travail des caméristes n'étant que peu captivant, la brunette se détache de cette inspection, déviant ses prunelles vers le seul homme un tant soit peu inactif de la pièce. Sans pouvoir se maîtriser, la sélénite sent son cœur se retourner. Les réminiscences remontent ; les émotions aussi. Avec le temps, certains mots, certaines gestuelles s'oblitèrent, mais ce que l'autre nous a fait ressentir, jamais. & là, tout de suite, Nayu se souvient. Tout son être se le rappelle.

En sept ans, Jenkan a grandi & changé – en bien, même, force lui est-il de l'admettre, alors que son tangzhuang lui sied à ravir. Toutefois, elle retrouve en cette figure plus émaciée, mieux esquissée, ce même air enfantin qu'elle a tant affectionné, par le passé. & lui ? À quoi songe t-il ? Ignorant les suppliques de son cœur, qui lui scande de rebrousser sentier, la sorcière parvient finalement à s'avancer. Un pas, un second qui s'ensuit puis un troisième... L'un après l'autre, ils la mènent jusque l'homme qu'elle a pourtant désiré éluder, il y a encore un moment. Mais un fait qui se soustrait encore à sa connaissance l'attire inéluctablement vers le jeune homme – telle une phalène qui virevolte vers la flamme d'une bougie.

Excepté que la sang-pure n'a plus aucune intention de se brûler les ailes – c'est assez, le sang saint les lui a déjà échancrées. Lorsqu'elle parvient au niveau de l'adulescent – sans trop s'insinuer en son espace personnel – Nayu se rend compte qu'elle ne sait que dire. Un "bonjour" lui paraît surfait, de même que toute forme de cordialité affectée. Ils ne sont point des étrangers, l'un pour l'autre – & pourtant, ils sont pires que cela, en un sens. C'est donc le nom de son ancien amour que la belle Liang se résout en fin de compte à prononcer. Sa voix n'est guère plus haut perchée qu'un souffle – comme si, quelque part, elle a encore du mal à concevoir le fait qu'il est réellement là.

« Jenkan. »




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Mar 10 Avr - 21:57
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complexités sentimentales
tangzhuang :: • Jenkan attend, debout, dans la salle de réception ; patiemment. Ou plutôt, troublé et anxieux par ces retrouvailles. Peut-être aurait-il dû partir à la rencontre de sa future belle-famille, pour présenter ses respects aux aînés ? Et si le patriarche Liang désapprouvait cette union, pour cause de son comportement de mauvais garçon ? Mais que songe-t-il là !? Tant mieux pour lui, si cette promesse ancienne est annulée. Les pensées se bousculent dans la tête de jenkan. Serait-ce le souvenir de son premier amour qui le perturbe autant ? Mais qu'importe. Le sang pur ne souhaite, en aucun cas, de ce mariage.

Son regard focalisé sur le huis ; le sorcier aperçoit la chevelure brune de sa future femme. Il n'a le temps de penser que cette voix se répercute faiblement jusqu'à lui. Ce timbre. Il le distinguerait parmi tant d'autres. Dès que le garçon de cinq ans a entendu l'interprète de ces sons émis, son palpitant a tambouriné contre sa cage protectrice. Cette symphonie l'a envoûté. Et même si les années se sont écoulées, les notes sont toutes aussi délicieuses pour les tympans du jeune homme. Nayu. Elle est enfin arrivée. Elle est dans l'entrée. Et son discours parfaitement énoncé, peut-être même trop, fait lever les yeux, du sorcier, au ciel. Ce n'est pas possible. Et ses géniteurs gobent ce récit ? Jenkan fulmine intérieurement. Il aimerait crier que ce n'est que foutaise, que mademoiselle Liang Nayu cache bien son jeu. Noble ? Non. Loin de là. Le sang pur juge la sorcière de mesquine. Cette scène passée reste ancrée dans la mémoire de jenkan. Bien trop rancunier. Bien trop blessé dans son amour-propre. Celle qu'il a tant aimé, a brisé sa confiance, a écrasé ses sentiments si démesurés ; encore enfoui, inconsciemment, au fin fond de lui, sous l'épaisse couche de ressentiment.

Ses iris noisette sont loin de transparaitre de l'amour à l'égard de Nayu. Non. En ce moment, ses orbes devenus sombres commettent un crime sur la demoiselle. Damoiselle qui le regarde à son tour. Oh, la sang pur semble stupéfaite par la présence de Jenkan. Bien. Il faut dire que le temps a tracé son chemin. Sept ans. Sept années d'absence. Ce n'est pas rien, lorsque l'on connait leur passé commun. L'adolescent est devenu un homme, plus imposant de taille et de carrure ; gardant tout de même quelques traits enfantins. Mais il ne s'en soucie guère.

La doyenne indique son fils ; qui se tient bien droit, les mains liées dans le dos. Seulement, l'animosité du sorcier ne peut que s'envoler en observant la jeune femme s'avancer vers lui. Il ne peut s'empêcher de dévisager Nayu. Sublime vision que lui offre la sorcière. Oh que oui. La brunette est toujours aussi magnifique aux yeux de Jenkan. Encore plus dans ce hanfu, qui semble dévoiler les courbes de la sang pur lorsque celle-ci effectue ses pas légers. Et l'adolescente aux joues potelées n'est plus ; transformé en une jolie jeune femme. Ça craint pour Wang.

Arrivée devant lui, Jenkan essaie de reprendre contenance face à Nayu. En l'espace de quelques secondes, de quelques pas que la sorcière a parcourus ; un ouragan a balayé toutes ses réflexions, toutes ses préoccupations et toutes ses paroles construites. Un idiot ; simplement. Jenkan ne sait plus. Il n'ose ouvrir la bouche. Seul, son regard si profond, considère Nayu. Ses prunelles demeurent emplies de sentiments tous aussi contradictoires. « Jenkan. » Et à l'entente de son prénom, le regard du sorcier quitte le visage de la jeune femme, pour se diriger vers la cour extérieure. Les muscles de sa mâchoire se contractent, laissant apparaitre une ligne imparfaite. Jenkan aimerait fuir, loin ; bien loin d'elle. Cette sensation d'avoir son organe vital serré entre les doigts d'une inconnue, cette douleur qu'il a tant essayé d'effacer, refont surface. Oh oui, ça fait mal. Et la haine remonte jusque dans l'œsophage. « Salut. » Dit-il, sans la moindre émotion ; cachant la plus petite faille dans sa voix grave. Mais derrière son dos, ses phalanges blanchissent rapidement.

Son attention se reporte sur la sang pur. Il ne peut le prononcer à haute voix ; ce prénom, qui lui écorche la bouche. « Il fait bon aujourd'hui, n'est-ce pas ? » Après sept ans d'absence, jenkan ose parler beau temps. Oui, il a du culot. Encore plus lorsqu'un sourire, un doux et faux sourire s'insère sur ses pulpeuses. Seulement, il n'est pas pour Nayu. Non. L'intention est pour sa génitrice, qui guette son fils. Pourtant les orbes noisettes de jenkan restent fixés à ceux de la jeune femme. Il faut qu'il soit crédible. Il faut qu'il prouve qu'il a accepté ce mariage et qu'il est prêt à épouser Nayu. « J'aimerais bien faire un tour dans la cour, pour profiter de cet air printanier. À Beijing, l'air n'est pas aussi pur qu'ici. » Il garde ce même ton neutre, et néanmoins, son visage reste souriant. Depuis ses neuf ans, il joue à ce double jeu. L'enfant obéissant et l'élève modèle face aux aînés, demeurant le gamin joueur et bravant l'interdit dans leurs dos. Jenkan n'a pas changé sur ce point. Mais il fuit, aussi. Toute conversation qu'il pourrait entretenir sur leur passé. Il n'est pas encore prêt pour ça.

C'est sans compter sur le patriarche Liang, qui s'avance vers les deux jeunes gens. Bien rapide pour un aïeul. « Puis-je savoir ce qui vous fait sourire comme ça, jeune wang ? » Les orbes de Jenkan se tournent vivement vers son aîné, toujours ce sourire aux lèvres. Il devrait avoir peur. Il devrait trembler face à ce grand sorcier. Mais il n'en est rien. Enfin, il ne le montre guère. Le jeune sorcier se courbe rapidement et respectueusement, face au doyen. « Bien évidemment Monsieur Liang. Je faisais remarquer à votre petite-fille à quel point, elle est devenue une magnifique jeune femme. Tout aussi gracieuse qu'intelligente. » Oh oui, l'effronté. Jenkan n'en rate pas une ; surtout lorsque son regard profond, se perd sur le visage de la sorcière, comme s'il contemplait une œuvre d'art. Absorbé par celle-ci. Et bien vite, l'expression du jeune sang pur change, devenant plus sérieuse. Il baisse légèrement la tête et prononce ce petit discours qu'il a tant répété la vielle. « Monsieur Liang, je m'excuse sincèrement de ne pas être venu à votre rencontre avant ce jour, pour vous remercier de la considération que vous m'accordez. Je suis honoré d'avoir ce privilège et d'unir nos familles par ce mariage. J'espère, avec sincérité, recevoir votre bénédiction. » Émet-il, avec respect, face à un aîné, à présent satisfait. « Pendant un court instant, jeune wang, j'ai bien cru que vous aviez perdu vos bonnes manières. » Une voix grave, plus grave que celle de jenkan ; à l'intonation de remontrance contre le jeune sorcier. Et pourtant la main du patriarche se pose sur l'épaule du jeunet, la serrant quelque peu, comme pour l'approuver.

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